Chikungunya en Corse : Deux Premiers Cas Autochtones Détectés sur l’Île
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introduction
Le chikungunya, maladie virale transmise par le moustique tigre, a franchi une nouvelle étape dans sa progression sur le territoire français.
Pour la première fois, deux cas autochtones ont été identifiés en Corse-du-Sud, dans la commune de Grosseto-Prugna, près d’Ajaccio.
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L’annonce a été faite ce mardi 24 juin 2025 par l’Agence régionale de santé (ARS) de Corse, provoquant une vigilance accrue dans l’île de Beauté, jusqu’alors épargnée par cette transmission locale.

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Ce que signifie un cas « autochtone »
Contrairement aux cas « importés », les cas dits autochtones désignent des patients ayant contracté le virus localement, sans avoir voyagé dans des régions tropicales où le chikungunya est endémique.
Dans le cas présent, les deux personnes infectées appartiennent à la même cellule familiale et n’ont pas quitté la Corse dans les quinze jours précédant l’apparition des symptômes.
L’ARS précise que leur état de santé n’inspire pas d’inquiétude majeure, bien que le virus puisse entraîner des douleurs articulaires très invalidantes et, dans de rares cas, des complications neurologiques.
Une tendance en hausse : les premiers cas autochtones de 2025
Le phénomène n’est pas isolé. Avant l’émergence de ces deux cas corses, deux autres cas autochtones avaient déjà été détectés en France continentale cette année :
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Le 11 juin 2025, un cas a été signalé dans le département du Var.
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Le 16 juin 2025, un deuxième cas a été confirmé dans l’Hérault.
Ces événements s’inscrivent dans une tendance préoccupante : en 2024, un seul cas avait été enregistré en Île-de-France, tandis qu’aucun cas n’avait été détecté en 2023.
Depuis 2010, environ trente cas autochtones ont été confirmés en France métropolitaine.
Le chikungunya : une maladie virale aux symptômes parfois sévères
Le chikungunya se caractérise par une fièvre brutale, accompagnée de douleurs articulaires intenses, d’une conjonctivite, et souvent d’éruptions cutanées.
Le virus est transmis par le moustique tigre (Aedes albopictus), dont la prolifération est favorisée par des températures élevées et une humidité ambiante persistante.
Pas de traitement spécifique disponible
À ce jour, aucun traitement curatif n’a été mis au point contre le virus.
La prise en charge repose principalement sur le soulagement des symptômes, en particulier la douleur articulaire, qui peut persister plusieurs semaines.
Bien que la maladie soit généralement bénigne, des formes graves peuvent survenir, notamment chez les personnes âgées, les femmes enceintes et les individus immunodéprimés.
Une évolution facilitée par le changement climatique
L’expansion du moustique tigre en France est en grande partie corrélée au réchauffement climatique.
Les hausses de température constatées depuis les dernières décennies favorisent :
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Une accélération du cycle de reproduction du moustique ;
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Une augmentation de sa durée de vie ;
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Une extension géographique de sa présence, y compris dans les zones auparavant tempérées comme la Corse.
Des études épidémiologiques récentes suggèrent que l’ensemble du bassin méditerranéen pourrait devenir, d’ici 2030, une zone à risque permanent pour les virus tropicaux transmis par les moustiques.
Réaction rapide des autorités sanitaires
Face à cette situation, l’ARS de Corse a confirmé que des mesures immédiates ont été activées dès le signalement des cas :
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Opérations de démoustication ciblées dans les zones résidentielles proches des patients ;
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Enquête épidémiologique pour retracer les déplacements récents des malades ;
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Information du grand public via des affiches, spots radio et réseaux sociaux ;
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Renforcement de la surveillance entomologique pour détecter la présence de moustiques infectés dans d’autres communes corses.
Ces actions visent à limiter tout risque de propagation du virus à d’autres habitants.
Stratégies de lutte biologique : vers une alternative durable ?
Parallèlement aux traitements chimiques classiques, des solutions de lutte biologique sont expérimentées dans certaines régions de France. Parmi elles :
Lâchers de moustiques stériles
Il s’agit de libérer dans la nature des mâles rendus stériles en laboratoire, afin qu’ils s’accouplent avec des femelles sans générer de descendance.
Cette méthode innovante a pour objectif de réduire progressivement la population de moustiques tigres.
Des tests sont actuellement en cours à La Réunion et dans plusieurs départements du sud de la France.
Ces approches sont vues comme moins nocives pour l’environnement que les traitements chimiques et pourraient à terme s’imposer comme standard.
Une épidémie sévère en Outre-mer : focus sur La Réunion et Mayotte
Alors que la Corse découvre ses premiers cas, l’Outre-mer français, en particulier La Réunion, continue de faire face à une épidémie massive.
Depuis le début de l’année 2025, près de 200 000 cas ont été recensés sur l’île, entraînant 27 décès.
Bien que le pic épidémique semble avoir été atteint, la situation reste préoccupante.
À Mayotte, la maladie se propage plus lentement mais reste active, notamment dans les zones urbaines à forte densité.
Ce que doivent faire les citoyens : gestes préventifs recommandés
La prévention repose en grande partie sur les gestes simples à appliquer au quotidien, recommandés par les autorités sanitaires :
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✅ Éliminer les eaux stagnantes autour de chez soi (soucoupes de pots, gouttières, réservoirs ouverts) ;
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✅ Installer des moustiquaires sur les fenêtres et au-dessus des lits ;
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✅ Utiliser des répulsifs adaptés sur la peau et les vêtements ;
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✅ Porter des vêtements couvrants, surtout en début et fin de journée (période d’activité maximale des moustiques) ;
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✅ Éviter les déplacements non essentiels dans les zones à risque en période de transmission active.
Une attention particulière doit être portée aux enfants en bas âge, aux femmes enceintes et aux personnes âgées.
L’appel à une mobilisation collective
La lutte contre le chikungunya ne peut reposer uniquement sur les institutions.
Elle exige une mobilisation citoyenne, une prise de conscience locale, ainsi qu’une coordination efficace entre les collectivités territoriales, les professionnels de santé, les associations et les scientifiques.
C’est cette dynamique collective, associée à des moyens techniques de plus en plus précis, qui permettra à terme de freiner durablement la progression du virus en métropole comme en Outre-mer.
En résumé
| Élément clé | Détail |
|---|---|
| Lieu | Grosseto-Prugna, Corse-du-Sud |
| Type de cas | Autochtone (sans voyage en zone tropicale) |
| Nombre de cas | Deux cas appartenant à une même famille |
| Vecteur | Moustique tigre (Aedes albopictus) |
| Traitement curatif | Aucun – traitement symptomatique uniquement |
| Autorité compétente | Agence Régionale de Santé (ARS) de Corse |
| Réaction immédiate | Démoustication, communication, surveillance accrue |
| Symptômes typiques | Fièvre, douleurs articulaires, éruption, conjonctivite |
| Risques | Complications neurologiques rares mais possibles |
| Facteurs aggravants | Changement climatique, hausse des températures, expansion du moustique |





